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Jonathan fiawoo, UN HOMME D’AFFAIRE ENGAGÉ

Au Togo, Jonathan Fiawoo est un homme d’affaires reconnu dont la voix est écoutée dans toute l’Afrique. Ancien Président de la Chambre de Commerce du Togo, il est aujourd’hui dirigeant et administrateur d’entreprises et s’intéresse à des secteurs variés comme le tourisme, l’énergie, les transports, l’éducation ou encore l’environnement. Son usine Cristal, produit de l’eau minérale et des jus de fruits, et il est également propriétaire d’une usine de fabrication de poteaux et supports en béton utilisés dans le BTP. Devenu expert sur ces sujets extrêmement importants pour le développement de son pays et de la région, Jonathan Fiawoo a aujourd’hui une vision globale de la situation au Togo et en Afrique sub-saharienne.

un parcours Hors du commun

Il est administrateur de la Maison de l’Afrique à Paris, et administrateur de la BVRM (Bourse Régionale des valeurs Mobilières : place de marché commune aux 8 pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine – UEMOA – dans laquelle nous retrouvons le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée, la Côte d’Ivoire, la Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo).

Ces postes lui permettent d’agir concrètement sur le terrain. La BRVM est notamment chargée d’organiser la sécurité des marchés, de communiquer sur les informations des marchés et de les promouvoir. Elle s’est classée en tête des bourses africaines par la progression de son indice de toutes les valeurs cotées. Après deux années qu’il qualifie de délicates, Jonathan Fiawoo assure aujourd’hui que les perspectives de développement de la BVRM sont très positives : 7,8% de croissance en 2018 prévus pour la Côte d’Ivoire, pays moteur de la bourse, suivi de près par le Sénégal et ses 7% de croissance. Associée à la baisse des déficits budgétaires de l’UEMOA, estimés entre 4,4% et 3,3% par le FMI, cette croissance amorce une dynamique positive, qui donne confiance aux investisseurs.

SES ENGAGEMENTS ÉNERGETIQUES

Également acteur dans le secteur électrique – Jonathan Fiawoo possède une usine de matériel électrique au Togo – notre homme d’affaires alerte sur le fait que l’Afrique, tout comme le reste du monde, est confrontée aux défis de la transition énergétique. Il constate que l’enjeu pour l’Afrique est de produire plus d’énergie avec moins de ressources, car les ressources sont rares sur le continent africain. Il faut donc limiter la consommation d’énergies primaires et privilégier des projets à fort potentiel d’efficacité énergétique : cogénération dans la filière du sucre (2,5 millions de tonnes de CO² économisés, utilisation d’ampoules basse consommation pour l’éclairage, utilisation de systèmes à vapeur, optimisation du système de distribution d’électricité, etc.

Le challenge de Jonathan fiawoo

Autre challenge pour l’Afrique sub-saharienne, la scolarisation des jeunes. Jonathan Fiawoo estime que l’universalisation de l’école élémentaire, poussée par les bailleurs financiers, est essentielle mais qu’elle ne suffit pas au développement et à la croissance du sous-continent. Les pays doivent proposer une scolarisation de qualité, depuis l’école élémentaire, jusqu’aux niveaux supérieurs. Des Masters doivent être proposés aux jeunes pour leur permettre de bâtir des parcours scolaires ambitieux, à la hauteur des besoins de la région. Cette avancée participerait à faire sortir l’Afrique de sa réputation de « continent low-cost » et à mettre en place un modèle de développement plus respectueux de ses ressources.

La réussite de ce challenge de scolarisation qualitative passe par le développement du numérique. En effet, malgré les efforts consentis par l’aide internationale – en forte baisse depuis ces vingt dernières années – et par les gouvernements des pays africains eux-mêmes, le manque de moyens, d’établissements et parfois d’enseignants impose une remise en question des usages. Le numérique et ses solutions propres semblent parfaitement adaptés pour y répondre : la dématérialisation des contenus scolaires est une opportunité formidable, surtout dans les zones enclavées, et à condition que les réseaux mobiles puissent la supporter. On observe d’ailleurs une nouvelle génération de start-up africaines se lançant dans le « ed-tech » : Qelasy, en Côte d’Ivoire, a voulu lancer une tablette contenant des milliers d’ouvrages et de vidéos éducatives, pour affranchir les enfants des contraintes de lieu et de temps pour l’apprentissage. Au Kenya, eLimu permet de mettre en relation directe les enfants avec des professeurs, rendant l’apprentissage ludique.

Bureaux de J-C Doe
Usine de fabrication de voitures

UN DIALOGUE ENTRE LA FRANCE ET L’AFRIQUE

 

Enfin, Jonathan Fiawoo, notamment par son poste d’administrateur de la Maison de l’Afrique à Paris, milite pour la prise en compte du dialogue interculturel entre la France et l’Afrique. Des liens forts ont besoin d’être tissés et pour cela, parler de culture est indispensable. Les sujets abordés lors des rencontres entre chefs d’Etats des pays africains et français ne doivent pas se limiter à l’économie et à l’aide humanitaire et sécuritaire. Grâce à la mission de restitution d’œuvres d’art aux pays africains, le Président Macron a lancé un signal fort qui montre que la France prend au sérieux l’importance de la culture dans sa relation avec l’Afrique. Les jeunes générations africaines doivent prendre conscience de leur histoire, qui n’a pas démarré au moment de la décolonisation. L’utilisation de la langue française dans les pays africains est une chance dont il faut profiter pour renforcer les liens entre la France et les pays africains. Elle permet les échanges, dans les deux sens, l’Afrique ayant également beaucoup à apporter à la France sur le plan culturel.